du 13.02.2012 au 14.02.2012

Abbaye de Neumünster, Luxembourg-Grund

Les dimensions culturelles du marché – Colloque

Organisé par l'Institut Pierre Werner et l'Université du Luxembourg avec le soutien du CCRN
Les dimensions culturelles du marché – Colloque

 

Les dimensions culturelles du marché

Colloque

13 et 14 février 2012

Colloque organisé par l’Institut Pierre Werner et le département de Germanistique de l’Université de Luxembourg

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Finance et fiction ou la relation complexe entre l’économie et la narration.

 

Introduction par Wilhelm Amann.

 

Les rapports complexes de la finance et de la fiction

Ce colloque a permis de découvrir les liens tissés entre ces deux sœurs aux rapports réels mais complexes qui vont de la fusion non avouée, comme le montre Nathalie Bloch qui raconte les ficelles théâtrales de la comédie du pouvoir dans les instances dirigeantes, à la haine et la possibilité de rupture prônée par Wolfgang Schmidt, qui  en se basant sur l’étude de tribus d’Amérique du Sud, constate qu’il n’y a pas de constante anthropologique qui nous condamne au marché.

Plus radical, Jürgen Wertheimer pourfend le culte de la concurrence, clef de voute de la finance, qui réduit les êtres humains à l’état de bêtes en rut et les contraint à une infantilisation comportementale.

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A la recherche d’une Odyssée contemporaine pour  ranimer le rêve européen de la Grèce ?

Comme le constate Georg Mein, l’homo sapiens est aussi un homo narrans. Son aptitude à communiquer la finance au-delà des cercles des spécialistes nécessite l’utilisation du langage de la fiction.

Rolf Parr compare, non sans quelque perversité,  l’économie « narrative » à un être hermaphrodite. Elle est en effet dotée d’une identité double, une nature  savante, avec un langage objectif et rationnel pour les spécialistes et une autre hétérogène avec un langage narratif destiné à un plus large public. Le langage narratif se développe avec la mise en relation (circulation) des liens complexes qui  constituent la réalité humaine et sociale (Heiko Christians). Le risque de cette complexité est d’être contournée par la facilité du cliché pseudo-savant qui évite la réflexion (Alexander Preisinger).

Birger Priddat poursuit cette exploration entre langages savants et populaires en se demandant comment l’abstraction spécialisée peut résister à la confrontation du discours vernaculaire?

Rolf Norr, explore de son côté le langage des médias numériques et plus spécialement celui des jeux vidéo conçus pour développer l’imaginaire narratif mais aussi didactique dans le monde de l’entreprise.

Bernd Blaschke réconcilie la littérature et l’économie, autour de la notion de confiance, ce manque d’informations  que compense une garantie de sécurité interne. Il souhaite que la littérature puisse donner à cette thématique un éclairage différent des sciences sociales et humaines.

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La fascination de la catastrophe

Stefan et Ralph Heidenreich s’interrogent sur les médias les mieux adaptés pour raconter la catastrophe à venir, promesse de la concrétisation future de l’utopie économique. Ils voient dans le cinéma et les jeux vidéo les médias de la catastrophe et, dans les réseaux sociaux, l’espace de la formulation de l’utopie.

Moins apocalyptique, si ce n’est pour la profession des économistes, Wolfgang Pircher s’interroge sur des perturbations affectives de l’homo economicus. Il met en avant, dans une autobiographie de James Stuart Mill, les syndromes  d’un étrange complexe d’Œdipe économique !

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Conclusion

Stefan Börnchen démontre que le débat économique n’ignore pas le sourire et se lance dans une audacieuse présentation de Picsou (alias Donald Duck ou Dagobert dans sa version allemande) comme une surprenante figure de l’anticapitaliste.

 

La conférence a été ouverte par le débat Finance et fiction dans la zone euro

Voir le programme (en allemand)

Rédigé d’après le compte rendu réalisé par Irmtraud Hnilica.

 

 

 

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