Finance et fiction dans la zone euro

Finance et fiction dans la zone euro

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Mais la compréhension du monde de la finance nécessite d’avoir les clefs  de ses fictions.

 

Le sociologue et publiciste Paul Jorion remarque que nous ne savons pas comment fonctionnent les modèles linguistiques que nous utilisons. On a besoin d’une vision distancée pour déchiffrer les fictions.*

 

http://youtu.be/biZbacCK0h4
* Traduction simultanée par Mme Brigitte Eymard-Duvernay

 

C’est ici que la connaissance littéraire (Litteraturwissenschaft) devrait trouver une application, lui répond Roman Luckscheiter.

Jürgen Wertheimer, représentant à cette table du monde des lettres, remarque qu’il est exagéré de croire que la littérature puisse sortir l’économie de son ornière. Il vaudrait mieux débarrasser le marché de sa « dimension parareligieuse » :*

 

* Traduction simultanée par Mme Brigitte Eymard-Duvernay

 

Klemens Kindermann, directeur de la section Economie et société de la radio Deutschlandfunk, défend un point de vue différent. Il évoque d’abord sa vie professionnelle :

Quand, tôt le matin, le journaliste économique consulte les dépêches de la nuit pour  décider celles qu’il doit présenter dans le journal, ce qui est important c’est de pouvoir raconter une histoire, de créer une fiction, – même si elle ne consiste qu’à utiliser des images pour rendre compréhensibles la vie de la finance.

La métaphore est récurrente dans la communication :*

 

* Traduction simultanée par Mme Brigitte Eymard-Duvernay

 

L‘économiste Joachim Starbatty, voit un partage différent du domaine de la fiction: Nous sommes face au problème d’une économie qui ne pense qu’à court terme. Dans les étages de direction, il n’a y plus que des « planteurs de carottes », c’est à dire des acteurs qui misent sur des récoltes à court terme. Plus personne ne veut planter des noyers*

 

* Traduction simultanée par Mme Brigitte Eymard-Duvernay

 

Roman Luckscheiter constate que l’euro, en tant que vision, reste tout de même une extraordinaire performance. Il demande à Jean-Jacques Rommes, CEO de l’Association des banques et banquiers Luxembourg (ABBL), si l’euro n’aurait finalement besoin que d’une campagne d’image.  J-J Rommes lui répond que les banques n’ont pas beaucoup de moyens  pour contribuer à l’amélioration de l’image de l’euro. Il ajoute, à la surprise des participants et du public : «  le lobbying des banques est quasiment inexistant ».*

 

* Traduction simultanée par Mme Brigitte Eymard-Duvernay

 

 

Jürgen Wertheimer ne peut accepter ce point de vue. « Il y a quelque chose qui ne va pas dans ce système ! »*

 

http://youtu.be/yGG0OlS32eo
* Traduction simultanée par Mme Brigitte Eymard-Duvernay

 

La parole est ensuite donnée au public.

Stefan Heidenreich demande si la plus grande catastrophe ne résulterait pas du remboursement en une fois de toutes les dettes. Cette question a clairement soulevé la dépendance existentielle du système financier par rapport au crédit.*

 

* Traduction simultanée par Mme Brigitte Eymard-Duvernay

 

A l’issue de cette discussion vive et controversée on a clairement vu que la question de la finance et de la fiction est aussi vive qu’irrésolue. Elle concerne la banque, le journalisme, la science économique et la culture, mais chacune de manière différente. La table ronde ne pouvait pas déboucher sur un consensus.

Ce débat a servi d’introduction aux thématiques qui furent développées au cours du colloque « Economie – Langage – Facticité » qui a suivi cette table ronde les 13 et 14 février.

 

D’après le compte rendu réalisé par Irmtraud Hnilica.

 

Vidéo intégrale du débat

http://www.youtube.com/watch?v=DOy3nuEOzYI&feature=share&list=PLB7AC53024E6A686C
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