01.01.1970

Compte rendu de l’intervention de Laurent Dartigues

Compte rendu de l’intervention de Laurent Dartigues

 

L’intellectuel à l’épreuve de l’expertise scientifique

 

Préambule

Laurent Dartigues définit la fonction intellectuelle comme une fonction civique, articulée autour des versants  culturel, social et politique.

Reprenant Michel Foucault, il déclare que l’intellectuel spécifique, signe l’acte de décès de l’intellectuel universel.

 

 

L’expertise a un rapport antinomique au rôle du savoir.

Il en va ainsi dans les rapports entre la science, la politique et le rôle de l’expertise dans les sociétés démocratiques. Laurent Dartigues développe la complexité de ces rapports dans des exemples choisis dans les mondes  militaire et judiciaire.

 

 

Sans condamner l’expertise, il en montre la nécessité et les limites.

 

1er cas : L’anthropologue et la guerre

 

Laurent Dartigues, aborde le rôle de l’utilisation des sciences sociales pendant la Guerre en Irak. Des spécialistes en anthropologie, des linguistes, des sociologues… ont été engagés comme médiateurs culturels entre les populations locales et l’armée américaine.

 

 

Abordant la polémique suscitée par cette collaboration, il constate que la défiance vis à vis de l’implication des intellectuels au service du pouvoir est une idée relativement nouvelle.

A l’époque du colonialisme et pendant la Seconde Guerre Mondiale, le recours à l’ethnologie était banal. Ce n’est qu’à partir des années 1960 que l’anthropologie s’est dotée d’un code de déontologie.

 

 

Depuis septembre 2011, le recours à l’anthropologie est de nouveau d’actualité. On note, aux Etats-Unis, un rapprochement du monde académique et du monde militaire pour lutter contre le terrorisme.

 

 

Selon les détracteurs de ces pratiques, notamment l’Association américaine d’anthropologie, l’anthropologie au service des militaires est qualifiée de « mercenaire » et dangereuse pour la crédibilité de la profession.

 

 

L’idée selon laquelle l’action militaire serait mieux maîtrisée avec l’aide de l’anthropologie est basée sur des suppositions hasardeuses: leurs rationalités divergent et un même savoir n’est pas applicable à toutes les situations.

 

 

 

2e cas : l’Histoire dans les prétoires.

 

A chaque fois que des historiens sont cités à comparaître dans les tribunaux en qualité de témoins experts, une polémique éclate.

Les enjeux de la présence d’historiens dans ce type de procès sont historiques, politiques et identitaires, comme le montre l’exemple des historiens appelés  dans l’affaire des fonds juifs conservés dans les banques suisses.

 

 

 

Il reprend la théorie de Paul Ricœur qui consiste à trouver un équilibre entre une approche fonctionnaliste des historiens et une approche intentionnaliste sur la question de l’explication devant les tribunaux. Il illustre ce propos en prenant pour exemple le rôle de l’historien dans la réaffirmation des principes démocratiques face aux crimes de masse perpétrés par les totalitarismes du XXe siècle.

 

 

L’explication de la faute est-elle une disculpation ou une réappropriation du passé:

 

Conclusion :

 

La position de l’expert est ainsi ambivalente. La science ne peut pas prescrire. Une bonne diffusion du savoir dans l’espace public garantit des risques de la dictature de l’expertise.

L’intellectuel doit se faire une opinion au cas par cas. Il est partagé entre la tentation d’une vertu factice qui affirmerait sa neutralité politique et la position d’intellectuel de gouvernement  qui revendique les vertus l’ingénierie sociale.

 

 

 

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